Home – Chapitre 23

 

 


Home



Voilà vingt trois chapitres que j’attends pour pouvoir la placer, il faut dire qu’Home me tient beaucoup à cœur depuis maintenant presque cinq ans.
Les compositeurs connaissent forcément ce moment horrible où une mélodie nous traverse la tête et que rien aux alentours ne permette de faire un enregistrement. Je l’ai personnellement vécu avec ce petit riff aigu au piano (débute à la trente-neuvième seconde).
Pas de magnétophone ou de portables, seulement un stylo et un post-it à portée de main. Et là où certains auraient été sauvé par leurs niveau de solfège, le mien laisse fortement à désirer.
Comment faire alors pour mettre ça sur papier? Et bien, on trace des traits. Certains plus longs et plus hauts que d’autres, et on espère que la mélodie soit assez accrocheuse pour que le cerveau s’en rappelle lorsque l’on regarde à nouveau le papier.

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Mais le problème ne s’est pas arrêté là, même en ayant ce post-it et un logiciel de MAO sous la main, j’ai été incapable de remettre la mélodie au propre pendant deux ans. J’imagine que la perte de motivation a grandement joué pour creuser un aussi grand fossé. Sans oublier que le simple fait de relire le papier me suffisait à retrouver la mélodie initiale, je n’y voyais donc là rien de bien pressant.
Lorsqu’elle fut enfin sous partition MIDI, ça a été un grand soulagement, je pouvais ENFIN l’entendre sans y penser. C’est bête à dire, mais lorsque l’on crée et qu’une pensée finit par devenir concrète, c’est une sensation très plaisante et libératrice, et ce peu importe la complexité du sujet.

Home transcrit un ascenseur émotionnel spécifique au personnage de Noah, et plus particulièrement lorsqu’il se retrouve dans son appartement en collocation avec Meven.
Le schéma est une fois encore très simple, Intro, (refrain, couplet) x3 avec quelques petites variations.
On ne peux évidement pas parler de chronologie ou d’évolution avec un tel plan de composition, il s’agit là encore d’une musique visant à retranscrire des ressentis.

Couplet:
00:39 – 01:13  /  01:36 – 02:00  &  02:23 – 02:40

Bien que je n’y connaisse pas grand chose, je pense pouvoir m’avancer en affirmant qu’il s’agit là d’une mélodie en majeur.
J’avoue ne pas accorder beaucoup d’importance aux définitions.
« Si c’est triste, c’est mineur, si c’est content, c’est majeur. »
Je m’arrête souvent à ça car au final, cela m’importe peu: l’essentiel est que le couplet ne traduise pas une pensée triste. Et sachant qu’il est très dur pour moi d’exprimer autre chose que du tragique en musique (ceux qui me connaissent le savent plus que bien), j’estime le rendu suffisamment correct.
« Quelques secondes se passèrent avant qu’un projectile nutritif n’atteigne Meven, déclenchant un climat d’enfant. »
Au delà de l’intention de base, le couplet traduit la joie de Noah lorsqu’il se retrouve entouré de ses amis Meven, Shan et Tom, et plus particulièrement dans leurs appartement, apportant un sentiment de confort et de sécurité, en bref: un repère. C’est dans le chapitre 23 que je détaille autant une scène où toutes les intentions de la compositions se réunissent, tant pour le couplet que pour le refrain.

 

Refrain:
00:16 – 00:39  /  01:13 – 01:36  &  02:00 – 02:23

Majeur ou pas (vous aurez maintenant compris que je m’en carre pas mal), l’intention ici est de jouer sur les craintes de Noah, accentué ici par une guitare saturée qui plonge de plus en plus dans les graves. Car bien qu’il ai pu se trouver un foyer et des amis, ces sentiments là sont jeunes, et le passé qu’il tente de fuir reste encore fortement présent, allant même jusqu’à s’inviter dans son nouveau cocon:
« Meven tendit l’une des bouteilles à Noah, qu’il s’empressa de repousser sur la table accompagné d’une inspiration abrupte. […] La bouteille était ornée d’une étiquette jaunâtre et un peu décollée, sur laquelle on pouvait voir le cachet d’une petite abbaye situé au Nord du pays, celle
d’ A’Shamay. »

 

Home résume donc le début de la nouvelle vie de Noah, traduisant les phases d’euphorie: De l’acceptation de ses amis dans leurs groupe, jusqu’à la banale scène de repas convivial. Mais aussi la peur quasi constante et permanente que le passé puisse le rattraper, et lui retirer tout ce qui lui a permis de connaître un bonheur véritable.
Les quelques compositions qui parlent de Noah se basent souvent sur les émotions contraires, c’est le cas pour celle ci, mais aussi pour
Noah’s Song du chapitre 12, et de Snowball through Viria’s square, qui viendra prochainement.