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Cher Journal,
Je t’écris aujourd’hui d’une main tremblante.

Tout s’écroule devant moi, je ne comprends pas moi-même ce qui m’arrive. J’ai surpris à mon réveil l’abbé parler au père Gabriel de me transférer dans un institut pour personnes malades, mais moi, je ne souffre pas ! Comment les convaincre ? Le pourrais-je seulement…

L’abbaye est ma seule maison, mon seul refuge, comment pourrais-je vivre autre part, ne suis-je plus le bienvenu dans cette maison ?

Tu sais, tout ça me fait peur, mais l’heure est grave et je dois agir vite, je ne peux pas les laisser délibérément m’emmener, je ne veux pas aller là-bas.

Cela va faire maintenant trois jours que je suis dans ce lit, je fais mine d’être incapable de bouger devant l’infirmière, mais je suis au mieux de ma forme.

C’est pécher, je sais, mais un péché en est-il vraiment un quand une personne porte atteinte à notre liberté ?

J’ai prévu de m’enfuir demain dans la nuit, j’ai demandé au préalable à sœur Marie d’apporter mes affaires dans la chambre de l’infirmerie, je pense qu’elle ne se doute de rien. J’aurais aimé lui faire un adieu, elle me manquera beaucoup.

En attendant, tout est déjà prêt, il ne me reste plus qu’à attendre le moment propice pour partir.

 Je suis plus que jamais déterminé à goûter à la liberté.


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