chapitre 5

 

Viria, salle de répétition :

– Merci d’être venu, Shan, fait entrer le prochain s’il te plait.

Deux jours s’étaient maintenant écoulés depuis le retrait du chanteur. Le groupe décida le soir même de poster des affiches un peu partout dans la ville pour des demandes d’audition, ce qui les amena ici aujourd’hui à écouter plus d’une vingtaine de candidats au poste de chanteur d’Arkorner.

– Combien en reste-t-il ? Souffla Meven à l’oreille de son ami.
– Trois, sans plus niveau physique.

Les critères de Meven étaient simples : de la prestance, et de la voix. Pour le moment, rien de ce qui lui eut été permis d’entendre et de voir ne le satisfaisait, et ce qu’annonça Shan lui fit comprendre que sa journée était possiblement perdue.


19h30, fin des auditions.

Tous prirent leurs affaires en direction d’un snack bon marché du quartier dans le but de manger et faire le bilan. Meven s’assit en déchiffonnant une feuille de papier.

– Bon, récapitulons un peu le bilan de cette journée.
Il énuméra un à un les candidats.

– Nul. Niais. Égocentrique. Lui a carrément eu une extinction de voix. Celui-là j’en parle pas. Nul. Nul. Bordel, est-ce que c’est trop demander que d’avoir un chanteur potable dans cette ville ?
– Je te trouve dur Meven, dit Tom en s’asseyant avec les plateaux repas.
– Je suis juste, rectifia-t-il. Dans un mois c’est pas des péquenauds ivres qu’on va devoir convaincre, c’est un putain de chasseur de talents de Stonebury !
– Et celle-là ? Coupa Shan en pointant du doigt la feuille. Bon feeling, sa voix tenait la route, à mon avis elle peut faire l’affaire.
– Tu parles avec ta bite, rétorqua Meven. C’est le genre de fille que tout le groupe voudra se taper après quelques jours, oublie ça.
– Il marque un point, accompagna Tom avant de replonger la tête dans son soda.
– Qu’on se le dise, reprit Meven en fouillant dans son manteau, il va nous falloir un miracle pour assurer le mois prochain.

Il se releva en lâchant quelques billets sur la table.
– Désolé je vais vous fausser compagnie, j’ai pas très faim. Je vous retrouve à 21h00 au studio pour continuer les répétitions.
Il ouvrit la porte du restaurant puis décocha une cigarette de son paquet.

Au loin il entendit les cloches de l’église sonner les coups de 20h00, à son sens plus fort que d’habitude. Il orienta sa tête dans sa direction.
– Un miracle soupira-t-il, faudrait peut-être que j’y aille un jour.

 

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