chapitre 18

 

Encore une belle journée de merde, c’est décidément par ces mots que tous mes matins commencent habituellement, c’est pour ainsi dire, comme un rituel. Je ne le déduis pas, j’affirme simplement de façon solennelle que chaque journée est une corvée qui ne vaut pas la peine que l’on s’efforce à être productif pour elle.

Là en était ma conviction jusqu’à maintenant. Combien de temps ai-je pu perdre à me persuader de ça. Le fait est qu’une journée vaut la peine d’être pleinement vécue, à condition que l’on décide d’en faire quelque chose. C’est un état d’esprit, dont il faut s’accommoder le plus rapidement au cours de sa vie s’il on veut qu’elle ait un quelconque sens.

Vous l’aurez deviné, ce vieil argentique et mon sénile de grand père ont pu me redonner goût à la vie.
Grâce à eux seuls, je suis passée du néant à l’amertume, voyons ça comme un début de progrès.
J’ai décidé de faire comme dans les films, et croyez-le ou non, c’est plutôt motivant ;
Aujourd’hui, mon calendrier a connu sa première croix au marqueur noir, dans le mois de février. Je me suis enfin convaincu d’aménager ma chambre pour en faire un laboratoire, dans le but d’y développer mes futurs clichés.

Ça n’a pas été une mince affaire, la simple mise en place d’une cage noire et des lampes m’a prise toute une matinée. J’ai aussi dû dégager un grand nombre d’affaires personnelles à coup de sac poubelle. Qui aurait cru que de simples bouquins mis bout à bout pèseraient aussi lourd. Cela dit, tout ça me libère d’un immense poids, de plus, je me donne enfin l’occasion de virer tous ces romans à l’eau de rose offerts lors des fêtes de fin d’année. Marjolaine Drakees, qui lit ce genre de conneries, je vous le demande.

Heure vespérales
Nouveau départ, enfin
Maux du corps et sourire

Cette journée se finit toutefois sur une contusion osseuse au bras gauche, il fallait bien s’en douter. Par chance le périoste n’a rien, et croyez-moi quand je vous dis que c’est une bonne chose. Tous ces médicaments codéïnés me font perdre le sens de la réalité, mais après un aussi gros renversement dans ma vie, j’aurais jugé ça presque trop beau de s’en sortir indemne.

Finalement, ça ne fait rien, je me trouve enfin dans un élément propice à mon épanouissement. Et puis, j’avais décidé de me plonger dans l’un de ses ouvrages dédié l’apprentissage et l’art de l’argentique, voyez-vous, rien n’est perdu.

Cela étant dit, on ne me retirera pas l’idée que cette journée reste une belle journée de merde.


 

 

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